Présentation des comptes publics par Amélie de Montchalin, ministre de l’action et des comptes publics

Les comptes publics sont présentés au Parlement et à l’opinion de manière désuète et trompeuse. Grace à Amélie de Montchalin (Bommier) et notamment à Stephane Vojetta, ainsi qu’ à Nathalie Coggia, c’est maintenant reconnu.
En effet, les budgets des différentes administrations (État et 500 opérateurs, collectivités soit 39000 organismes, 32 régimes de sécurité sociale en 5 branches, 8 caisses de retraites complémentaires, l’Unedic et 1330 hôpitaux publics) ne sont pas consolidés ou “combinés”.
C’est un des échecs de la Cour des comptes et de Pierre Moscovici, ancien ministre lui-même, de ne pas avoir produit une agrégation de toutes les comptabilités publiques, qui échangent entre elles 110 Md€ de fonds sur 1700 Md€ de dépenses par an, faussant la perception par le Parlement de l’origine des déficits.
On attribue alors à tort 90% des déficits à l’Etat de manière indistincte, en masquant que 40% des déficits viennent des régimes sociaux (essentiellement les retraites, 50% des déficits), que 35 % viennent des dépenses des collectivités locales, parfois mises à leur charge il y a longtemps sans les ressources nécessaires, les dépenses finales de l’Etat lui-même ne représentant que 25% des déficits.
Les comptes ne décrivent pas la contribution de chaque institution au déficit d’ensemble présenté à l’Union européenne. Il y a double discours entre les comptes de la nation agrégés, non examinés dans le détail et les comptes publics, votés ligne à ligne mais non combinés.
Les actions d’avenir (éducation, innovation, sécurité ) passent alors bien après la priorité donnée à la redistribution par les régimes sociaux, insuffisamment financée par des prélèvements obligatoires affectés, pourtant élevés.
Aucun groupe d’institutions publiques ou privées n’est autorisé à procéder ainsi. Ce n’est pas un point ancillaire de technique comptable. C’est grave pour la conscience des citoyens sur les causes de la dette, dont on ne donne jamais l’origine. Le processus interdit la construction d’un minimum de consensus.
Amélie de Montchalin, dont la compétence et la détermination ont été manifestes dans les circonstances politiques de 2025, est la première ministre des comptes qui a eu le courage de le dire au Parlement, contre ceux qui sont soucieux de préserver un système illisible, datant d’il y a 30 ans, entretenant le flou sur les causes de la dette et favorisant son accroissement.
Il faut souhaiter que sa détermination soit utilisée au service d’une refonte des méthodes de consolidation et de contrôle d’une Cour indépendante au service du Parlement.
Celle qui a réellement plongé dans les comptes est a priori très qualifiée pour les auditer. Celle qui est appelée “Madame Compta”, un compliment que ses prédécesseurs ne peuvent pas tous revendiquer, est un choix avisé pour revoir la présentation des finances publiques et engager, avec ce seul changement de méthode, la décroissance indispensable de notre dépendance financière.